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Communiqué du 27 octobre 2009 sur la
réforme des lycées |
Reconstruire l’Ecole tient à exprimer quelques inquiétudes et interrogations
après le discours de M. Sarkozy sur la réforme du lycée.
Tout en se réjouissant de voir disparaître le projet de semestrialisation,
l’association se demande comment pourront se mettre en place les modalités de
réorientation au cours de la classe de première, et avec quels moyens matériels
et humains les stages passerelles vont être organisés.
Tout en se félicitant du souci de réhabiliter les filières professionnalisantes,
l’association s’interroge sur la possibilité même de cette revalorisation, au
moment même où l’emploi industriel est gravement remis en cause dans notre pays.
Nous constatons une contradiction entre le souci d’excellence, réaffirmé par le
président de la République, et l’intention de mettre en place deux heures
d’accompagnement personnalisé pour tous, de la seconde à la terminale, sans
alourdir l’emploi du temps de l’élève ; cette mesure ne peut qu’aboutir à une
baisse des horaires d'enseignement, tout comme l’inscription dans l’horaire des
élèves d’un « temps consacré à l’orientation ».
Reconstruire l’École émet les plus vives réserves sur le projet de refonte de la
filière littéraire, dont l’attractivité est censée se renforcer avec «
l’introduction d’enseignements nouveaux » comme le droit, et à propos de
laquelle on peut s’interroger sur la place qui y demeurera pour le français et
les langues anciennes. Elle redoute que l’accent mis sur les langues vivantes se
fasse en termes de communication et aux dépens de la littérature et des
humanités, si essentiels pour la formation de la culture et de l’esprit
critique.
L’association regrette que ce projet de réforme du lycée ne soit pas l’occasion
d’une réflexion globale sur les objectifs et les programmes de l’ensemble du
secondaire, collège inclus. Proposer deux heures de remédiation hebdomadaires à
des lycéens dépourvus de bases ne nous semble pas une vraie solution.
Enfin, nous nous demandons comment, avec seize mille postes supprimés, cette
réforme pourra se mettre en place autrement qu’en faisant appel aux futurs
reçus-collés de master, ce qui n’est pas exactement une garantie de
qualification pour les professeurs.