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  ici et ailleurs : actualité de l'école

 

Les infos ci-dessous sont pour l'essentiel des dépêches d'agence ou des extraits d'article de presse sélectionnés sur le site de vousnousils.

 

 

      FRANCE

 

  • Carte scolaire: risque de créer des "ghettos scolaires" (Cour des comptes)

La politique d'assouplissement de la carte scolaire risque de créer des "ghettos scolaires", selon une enquête de la Cour des comptes sur "les dispositifs de la politique de la ville et de l'Education nationale dans les quartiers sensibles", dont l'AFP a eu copie vendredi.

En 2008, sur les 254 collèges "ambition réussite", 186 établissements ont perdu des élèves, "ce qui s'est traduit par une plus grande concentration dans ces collèges des facteurs d'inégalités contre lesquels doit lutter la politique d'éducation prioritaire", peut-on lire dans cette enquête, réalisée à la demande de la commission des Finances du Sénat.

Depuis la politique d'assouplissement de la carte scolaire engagée en 2007, il s'agit des premières statistiques à caractère officiel à ce sujet.

Le réseau "ambition réussite", créé après les émeutes de 2005, regroupe les établissements les plus en difficulté du système d'éducation prioritaire.

"Compte tenu d'une augmentation des demandes de dérogation de 29% en 2008, les effectifs des collèges ont évolué de façon fortement différenciée selon les établissements : certains ont pu enregistrer des pertes d'effectifs pouvant aller jusqu'à 10%, alors que d'autres connaissaient des progressions allant jusqu'à 23%", écrit encore la Cour des comptes.

Dans un même "bassin de formation", la Cour appelle donc à une plus grande "coordination" entre les établissements scolaires, afin de "lutter contre l'existence ou la constitution de +ghettos scolaires+, en corrigeant les effets éventuellement négatifs des modalités de sectorisation scolaire".

"A défaut, en effet, les effets de la concurrence aboutiraient à un écart excessif entre les établissements, ce qui, comme l'enquête PISA de l'OCDE le montre clairement, constitue une des caractéristiques du système éducatif français les plus défavorables à sa performance", conclut la Cour à ce sujet.

Au ministère de l'Education nationale, on précise que le ministre Luc Chatel attend d'ici fin 2009 une étude "plus détaillée" de ses services.

Sans contester l'enquête de la Cour, le ministre veut mettre l'accent sur les quelque 50 établissements "ambition réussite" qui ont gagné des élèves et sont devenus "plus attractifs", ainsi que sur la "satisfaction" des familles concernant l'assouplissement de la carte scolaire.

  • Le débat sur l'identité nationale s'invite dans le secondaire 

Le Snesup-FSU, premier syndicat du supérieur, a estimé mardi que le "référentiel" pour rémunérer les enseignants-chercheurs pour les tâches autres que les cours et la recherche était une liste "vague" et que le chiffrage n'était pas un barème national.

Le débat sur l'identité nationale, souhaité par le gouvernement, sera étendu aux collèges et aux lycées. C'est ce qu'a annoncé hier, mercredi, sur I-télé, le ministre de l'Éducation nationale. Ce débat a été lancé cette semaine dans une partie des préfectures par le ministre de l'Immigration, Eric Besson. Il doit notamment permettre de discuter de symboles comme la Marseillaise ou le drapeau, ainsi que de la laïcité.

Sans donner davantage de précisions sur les modalités de leur organisation, Luc Chatel a souhaité que ces échanges se déroulent « dans le cadre de l'éducation civique ». Le ministre a ajouté faire « totalement confiance aux enseignants en la matière ». Les premières réactions syndicales sont pourtant pour le moins réticentes.

Pour l'Unsa, la notion d'identité nationale « crée plus de divisions que du consensus dont l'école a besoin ». La FSU, premier syndicat de l'Education nationale, « ne peut que s'inquiéter de voir relancer » ce débat. Elle redoute que l'initiative aboutisse « à construire de toutes pièces une identité fantasmée […] et soit bien loin de mettre en lumière la richesse, la complexité et les contradictions des valeurs et des pratiques qui se sont forgées au cours de notre histoire ».

Thierry Cadart, enfin, le secrétaire général du Sgen-CFDT voit presque dans cette annonce « un message insultant » pour ses collègues. Pour lui, « la question de l'intégration est déjà présente au sein de l'Education nationale, et ce, depuis longtemps. »

Sources : AFP, AEF, le Figaro, France-Info.com, l'Express.fr, lePoint.fr, les Echos, 20 minutes, leJDD.fr

  • Collège : légère amélioration pour l’allemand

823.277 collégiens et lycéens français apprenaient l'allemand à la rentrée, soit 15,4% des effectifs contre 15,2% en 2006, selon les chiffres de l'Éducation nationale. Pour la première fois depuis plusieurs années, l'apprentissage de la langue de Goethe a donc légèrement progressé, alors qu'il était en chute libre depuis 2004.

Mieux encore : l'allemand est la seule des trois premières langues enseignées en France - anglais, espagnol, allemand - à avoir gagné des élèves depuis 2006. Autre signe encourageant : le nombre d'élèves de 6ème qui étudient l'allemand a augmenté de 22,8% entre 2003 et cette année. En Allemagne, un peu moins d'un élève sur cinq étudie le français.

Les récents succès cinématographiques venus d'outre-Rhin (« La vie des autres », « Good bye Lénine ») ou l'émergence de groupes de musique comme Tokio Hotel ou Rammstein ne sont sans doute pas étrangers au phénomène. Mais ce regain d'intérêt résulte aussi des nombreux efforts accomplis pour soutenir l'apprentissage de l'allemand en France et du français en Allemagne.

La mise en place de classes bilingues anglais-allemand dès la sixième, la multiplication des échanges entre élèves, l'amélioration de la communication vers les parents, le lancement de manuels d'histoire communs aux deux pays ou la possibilité de passer le double diplôme baccalauréat-Abitur portent visiblement leurs fruits.

L'Allemagne est le premier partenaire commercial de l'hexagone et, selon la chambre de commerce franco-allemande, l'allemand constitue la deuxième langue la plus recherchée par les patrons de PME.

Sources : AFP, AEF, ActuaLitté.com, le Figaro, les Echos, l'Express.fr

  • Enseignants : le malaise grandit (enquête DEPP)

Plus de deux professeurs du secondaire sur trois se sentent personnellement concernés par le malaise qui règne chez les enseignants. C'est l'une des principales informations de l'enquête « Enseigner en collège et lycée en 2008 », réalisée en septembre et octobre derniers par la société TMO-Régions à la demande de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l'Éducation.

Comme tous les ans, un échantillon représentatif de 1200 enseignants a été interrogé afin de brosser en 224 pages un portrait précis des professeurs du secondaire et de la façon dont ils envisagent leur métier. Les chiffres sont sans appel : pour 93% des sondés, le malaise enseignant existe. Ils sont en outre 67% à le ressentir personnellement. Ils n'étaient que 53% dans ce cas en 2005.

Pour près de la moitié des sondés, la première raison de ce malaise réside dans le manque de reconnaissance professionnelle (48%). Autre cause mise en avant par plus du tiers des enseignants : les conditions de travail (36%). Près d'un prof sur trois (30%) envisage donc de changer d'activité dans les 10 à 15 ans qui viennent.

Les principales attentes n'ont pas évolué ces dernières années : diminution des effectifs des classes (72%), revalorisation des salaires (48%) et amélioration de la formation continue (24%). Le contact avec les élèves (83%) et le plaisir d'enseigner sa discipline (73%) demeurent les premières sources de motivation des enseignants du secondaire, qui sont d'ailleurs majoritairement des enseignantes (58%).

Sources : AFP, AEF, ActuaLitté.com, education.gouv.fr

  • 80% des manuels scolaires sont dépassés (Syndicat national de l’édition)

Deux millions d'élèves, soit 80% des écoliers du CE2 au CM2, travaillent avec des manuels qui ne sont plus conformes aux programmes de français et de mathématiques adoptés à la rentrée 2008. C'est ce qu'a dénoncé hier, jeudi, le Syndicat national de l'édition. Selon le SNE, la proportion de livres inadaptés dépasse même 90% en histoire, géographie et sciences.

La situation est à peine meilleure dans le secondaire : un tiers des élèves de 6ème ne dispose pas non plus de manuel conforme en français. En anglais, la proportion s'élève à près d'un collégien sur deux en 3ème. Selon le SNE, les crédits affectés par l'Etat à l'acquisition des manuels, qui englobent également l'achat de matériels informatiques ou la maintenance des équipements technologiques, ont baissé de 14% pour le public et de 47% pour le privé en quatre ans. Au total, du CP à la terminale, 22% des élèves ne disposent tout simplement d'aucun manuel. Ils n'étaient que 10% dans ce cas en 2003.

Pour les éditeurs, l'inadaptation des manuels freine la mise en œuvre des nouveaux programmes et accroît les inégalités sociales et territoriales. Au ministère, on rappelle que dans le primaire, « le financement et le choix d'équipements en manuels relèvent des communes en relation avec les directrices et les directeurs d'école. Ni le choix des communes, ni les choix pédagogiques, ni les stratégies des éditeurs privés ne relèvent de l'Etat ». Le ministère assure par ailleurs que le renouvellement des ouvrages utilisés au collège s'effectue progressivement.

Sources : AFP, AEF, ActuaLitté.com, le Monde, le Telegramme, Vosges Matin, le Figaro

  • En fac de lettres, ils se remettent à l'orthographe (Ouest-France)

Arrivés à l'université d'Angers, des étudiants doivent redécouvrir les fondamentaux du français. Une opération exceptionnelle dans l'Ouest, pour aider les jeunes à se structurer et à s'insérer.

ANGERS. Veille des vacances à l'université. « On va travailler sur le pluriel des noms composés et sur le participe présent », annonce la prof à une douzaine d'étudiants de psycho. D'habitude, Pauline Bruley enseigne la stylistique et la rhétorique. Aujourd'hui, son cours est de niveau collège...

« On perd beaucoup d'étudiants à la fin de la première année, juste parce qu'ils n'arrivent pas à s'exprimer », explique Isabelle Trivisani-Moreau, directrice adjointe du département lettres. Les chiffres en témoignent : cette année à Angers, 50 % des étudiants entrant en lettres avaient obtenu moins de 10/20 aux épreuves anticipées de français au bac.

Alors, pour la première fois, ceux-là ont passé un test en septembre. En orthographe et en grammaire d'abord, en rédaction ensuite. Moins de 12 à une épreuve ? Une heure de travaux dirigés obligatoire par semaine. Moins de 12 aux deux épreuves ? Deux heures. 286 étudiants angevins - la moitié des élèves testés - ont ainsi repris le B.-A.-BA du français.

« De l'orthographe et de la grammaire, t'en manges en primaire, s'exclame Harmony, 18 ans. Mais
quand t'arrives en fac, t'en as plus fait depuis le collège ! » « Et à force de prendre les cours en notes au lycée, on perd en orthographe, » renchérit Amandine. Sur le coup, Harmony a été choquée d'avoir échoué au test : « Je ne comprenais même pas le vocabulaire des consignes ! » : les pronoms relatifs, les modes des verbes...

Harmony estime que cette remise à niveau « permet de réactiver des notions qu'on a déjà, mais qu'on avait oubliées ». « Et on apprend plus intelligemment qu'au collège, poursuit Justine. À l'époque, on travaillait pour la bonne note... » « Ou on ne travaillait pas du tout ! », admet Amandine, ravie, à 19 ans, de cette seconde chance : « Si je ne comble pas ces lacunes maintenant, je les aurai toute ma vie. » « D'autant qu'on va avoir des lettres de motivation à écrire », prévoit Harmony.

« C'est vrai, une candidature avec des fautes d'orthographe constitue un gros handicap », confirme la prof. Qui avoue : « Moi-même, je réapprends beaucoup en faisant ce cours. Le français est complexe, on a tous des difficultés en orthographe ! »

  • Les salaires des enseignants en Europe (EducProfs)

Les feuilles de paie des enseignants sont extrêmement variables, car au traitement fixe s’ajoutent les primes, les heures supplémentaires, les indemnités... Le comparatif ci-dessous porte sur « le salaire statutaire annuel des enseignants en début de carrière en 2006 ».

Pays                              Primaire                   Secondaire (collège)           Secondaire (Lycée)

France                          23.317                                25.798                                     26.045
Belgique (fr.)               27.551                                27.551                                     34.290
Angleterre                   29.460                                29.460                                      29.460
Allemagne                   40.277                                 41.787                                     45.193
Moyenne OCDE         27.828                                 30.047                                     31.110
Moyenne UE               28.536                                 30.545                                     31.706
(19 pays)

NB : le salaire en début de carrière correspond au salaire annuel moyen brut des enseignants des établissements publics travaillant à temps plein et ayant le niveau de formation minimale requis pour commencer à enseigner, indiqué selon le niveau d’enseignement, en équivalents dollars US convertis sur la base des parités de pouvoir d’achat.
Source : avis budgétaire pour le projet de loi de finances 2010, Dominique Le Mèner, d’après l’OCDE, « Regards sur l’éducation 2008 ».

 

 

                                ETRANGER

 

  • Les profs de Washington rémunérés au mérite

« Il est temps de commencer à récompenser les bons professeurs, cessons de trouver des excuses aux mauvais ». Ces propos de Barack Obama commencent à trouver leur application à Washington, où est testé un système d'évaluation des enseignants du public, destiné à être généralisé à l'ensemble des Etats-Unis.

Le dispositif prévoit d'attribuer chaque année une note aux enseignants. Les meilleurs se verront ensuite décerner un bonus financier, et les plus mauvais perdront leur emploi. Quatre critères sont pris en considération : la performance des élèves lors de tests réalisés en avril, les notes obtenues lors de cinq inspections annuelles, les résultats de l'ensemble de l'établissement scolaire et le « professionnalisme » de l'enseignant (ponctualité, absences injustifiées...).

Les syndicats américains ne sont pas opposés au principe d'une récompense aux professeurs qui obtiennent les meilleurs résultats. Ils dénoncent cependant un système trop complexe, « injuste » et « déconnecté de la réalité ». Le projet se heurte également à la résistance de nombreux états, compétents en matière d'éducation.

Le président américain vient toutefois de recevoir un soutien de poids dans sa volonté de réformer le système éducatif. La fondation Bill et Melinda Gates a promis d'offrir 250.000 dollars à chaque état qui mettra en œuvre la réforme fédérale. Par ailleurs, le « fonds d'encouragement des professeurs », créé en 2006 par l'administration Bush, vient de voir son budget passer à 297 millions de dollars. Il doit atteindre 487 millions l'an prochain.

Sources : Libération, AP, 24 heures Montréal, The Canadian Press