Association Reconstruire l'École, Pour l'action et la réflexion,

Association loi de 1901, 401 rue du général de Gaulle, 77390, Fouju

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Ce qui grippe la rentrée

 

Mensuel de Reconstruire l'École : numéro 6

 

Mis en ligne le 1 septembre 2009

 

Dans les cartables du gouvernement, l’école occupe cette année une toute petite place. Il est vrai que le chômage, la grippe… Mais même sur ces deux points, l’école est concernée.

 

D’après les derniers chiffres connus, 62% des jeunes diplômés sont aujourd’hui à la recherche d’un premier emploi, ont peu de chances d’en trouver dans un délai raisonnable et encore moins si cet emploi devait correspondre à leur niveau théorique de qualification. Faut-il vraiment augmenter le nombre de licenciés comme le veulent à la fois nos ministres et l’opposition de gauche ? Après les 80% de bacheliers, il faut maintenant atteindre le chiffre magique de 50% de licenciés.  Et peu importe si c’est au prix d’une nouvelle dégradation du niveau et même de la « valeur marchande » des titres universitaires.

 

Quant à la grippe, ah la grippe ! On comprend mieux l’overdose de communication sur ce sujet si l’on comprend que le gouvernement commence à préparer l’opinion pour les régionales. Il vaut mieux parler de la grippe que des milliards distribués aux banques ou du démantèlement de la fonction publique.

Et puis quelle occasion pour tester en « grandeur nature » ce rêve partagé par les gestionnaires et les pédagogues : une école sans professeurs ! Quelle économie budgétaire et quel bonheur pour les élèves ! Françoise Guichard consacre sa chronique au commentaire d’un texte délirant publié par Jean Bouvier. Ce monsieur n’est pas, comme on pourrait le croire à première vue, un simple « allumé » de base, un quelconque « agité du bocal ». Recteur d’académie, membre du Haut Conseil de l’Education, c’est l’un des principaux « experts » qui peuplent les différents Comités Théodule chargés d’élaborer les « réformes ».  Nul besoin d’imagerie cérébrale pour voir ce que ces gens-là ont dans la tête. Il suffit de lire Bouvier pour être édifié.

 

Restent deux points importants qui risquent fort de gripper la rentrée : la réforme du lycée et la mastérisation des concours. On verra ce qu’il en est dans les semaines à venir.

 

 

 

 

 

Télécharger le numéro 1 : Novembre noir pour l 'école

Télécharger le numéro 2 : Avertissement d'incendie

Télécharger le numéro 3 : Sous les frimas la fronde

Télécharger le numéro 4 : La fièvre monte en février

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Télécharger le numéro 6 : Devoirs de vacances

 

                                  MAIS, dit la présidente...

 

 

Par Françoise Guichard, présidente de Reconstruire l'école

 

Cette chronique  --  dont le titre constitue un petit clin d’œil aux vieux lecteurs de L’Huma qui se souviennent avec émotion du billet d’André Wurmser – se propose de suivre l’actualité de l’Ecole, avec plus ou moins de régularité sans doute, ne serait-ce qu’en fonction des événements. Tout en étant fidèle aux principes qui font la spécificité de Reconstruire l’Ecole,  elle n’a pas la prétention de refléter systématiquement tout le point de vue de l’association, mais aussi de poser des questions et d’ouvrir, s’il le faut, des débats.

 

LA GRIPPE PORCINE ACHÈVE LE MAMMOUTH

 

Depuis quelques semaines, on ne parle que de la grippe A, et de ses conséquences économiques sur le pays. Peut-être devrions-nous nous poser le problème de  ses conséquences sur l’Ecole, non seulement à court terme mais plus globalement dans les mois et les années à venir : et si la grippe porcine n’allait pas enterrer définitivement l’Ecole de l’instruction, ou le peu qui en reste ?

Non, je ne suis pas prise d’une crise de paranoïa. Mais je voudrais proposer à votre réflexion ébahie un texte éclairant pour ne pas dire hallucinant du recteur Alain Bouvier sur le site « PedagoPsy «  :  http://www.pedagopsy.eu/alain_bouvier_grippe.htm . Car pour ce monsieur, membre du Haut Conseil de l’Éducation,  la grippe est une véritable aubaine, une  authentique chance pour le système scolaire, une occasion unique de « confisquer » l’école aux professeurs, -- réalisant ainsi le rêve de tout bon pédagol : une école sans  enseignants, premier pas décisif vers une école qui n’enseigne plus. Je plaisante ? Poinct.  En effet, que va-t-il se passer si les écoles, collèges et lycées se retrouvent fermés, et si l’enseignement ne se fait plus qu’à distance, par la télévision et  l’internet, ou par le biais d’associations de soutien scolaire ou d’officines privées ? « Soudainement, pour la première fois dans son histoire, le système éducatif sera entre les mains des parents et des élèves. Que pourront-ils faire et que feront-ils ? Quel rôle jouera alors l'Éducation nationale et comment ? ».

« Le système éducatif sera entre les mains des parents et des élèves » : merveille ! Miracle ! Plus de professeurs, plus de cours, plus de classes, plus d’évaluations réactionnaires, de contrôles contraignants et liberticides, d’examens anachroniques, d’encadrement ringard. L’autogestion totale, par la force des choses. Le « home schooling » généralisé. Un rêve de modernité libérale-libertaire.  En d’autres termes, selon Alain Bouvier, mais c’est moi qui souligne : « Aux mécanismes centralisés, bureaucratiques et technocratiques, très peu évolutifs, succédera l'empirisme total, à travers une complète décentralisation sur les parents ». C’est magique : tout ce que Ph. Meirieu, Gaby Cohn-Bendit, A. Antibi, M.-D. Pierrelée et al. n’ont pu faire passer, la grippe, elle, l’instituera dans les faits.

La conséquence de la pandémie, ce sera donc, si je suis bien le recteur Bouvier, un bouleversement profond du système éducatif : plus d’école à l’école, mais des activités autour… « Cela va considérablement accentuer l'existant scolaire actuel, nié par beaucoup d'enseignants et de cadres éducatifs. Deviendront essentielles les activités autour de l'École mais que l'École feint d'ignorer. La colonne vertébrale ayant disparue (sic), les autres éléments déjà à l'œuvre vont prendre une place prépondérante, de façon diversifiée suivant les élèves. Alors que depuis quelques décennies les enseignants français peinent à individualiser les enseignements, ce sont les parents qui soudain le feront. » 

 

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                              AGENDA

 

Sauver les lettres tient son Université d'été les 5 et 6 septembre à Paris

 

A signaler aussi la publication de

Le niveau baisse-t-il vraiment?

Fanny Capel vs François Dubet
Magnard. Septembre 2009.

 

 

                              TRIBUNE LIBRE

 

 

Françoise Guichard : Accords Vatican-Kouchner

En complément : Dossier burqa et Pedro Cordoba, "Laos" (texte paru en 2003 dans la revue L'enseignement philosophique)

 

 

                              MASTERISATION des concours

      

 

- Décrets "masterisation" (parus le 28 juillet 2009) :

* Décret n° 2009-913 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 70-738 du 12 août 1970 relatif au statut particulier des conseillers principaux d’éducation

* Décret n° 2009-914 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs agrégés de l’enseignement du second degré

* Décret n° 2009-915 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés

* Décret n° 2009-916 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 80-627 du 4 août 1980 relatif au statut particulier des professeurs d’éducation physique et sportive

* Décret n° 2009-917 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 90-680 du 1er août 1990 relatif au statut particulier des professeurs des écoles

* Décret n° 2009-918 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 relatif au statut particulier des professeurs de lycée professionnel

 

- L'organisation des stages

Circulaire DGESCO n° 2009-109 du 20 août 2009 relative à l’organisation de stages pour les étudiants en master se destinant aux métiers de l’enseignement (Bulletin officiel n° 31 du 27 août 2009).

 

 

Communiqué du 5 juillet 2009

À la suite d'une plainte pour injure et diffamation de SOS Education à propos de notre communiqué du 24/10/06, les présidents de Reconstruire l'école et Sauver les lettres ont été mis en examen et jugés.

Dans sa sentence rendue le 27 novembre 2008, le tribunal avait relaxé Sauver les Lettres et Reconstruire l'École des plaintes pour injures et diffamation. SOS Education avait fait appel de ce jugement. Le jugement d'appel rendu le 30 juin 2009 a débouté SOS éducation de toutes ses demandes.

 

La justice coûte cher, même quand on gagne un procès. Si vous voulez nous apporter un soutien financier : envoyez vos chèques libellés à l'ordre de "Reconstruire l'École" à la secrétaire de l'Association :
Reconstruire l'école, chez Isabelle Voltaire, 401, rue du général de Gaulle, 77390, Fouju.

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